10 étapes pour aider son enfant autiste

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Caleb Woods sur Unsplash

Malgré tous les instants de bonheur que cela peut apporter, éduquer un enfant différent n’est pas toujours évident. En effet, cela nécessite des aménagements pour préserver sa qualité de vie et lui permettre de progresser avec ses particularité. Or, ces compétences ne sont pas innées et parfois, un sentiment d’impuissance peut venir décourager les parents qui misent alors tout sur les professionnels. Cependant, intervenir auprès d’un enfant autiste au quotidien, cela s’apprend. Si vous ne savez pas par où commencer, voici des étapes pour vous aider.

1. Équilibrer son alimentation et son sommeil

Pour qu’un enfant soit disponible aux apprentissages, il doit être avant tout bien dans son corps et dans sa tête et avoir tous les nutriments nécessaires à son développement. Nous l’expérimentons nous-même en tant qu’adultes: lorsque nous avons le ventre vide, des problèmes de digestion ou des maux de tête, c’est plus difficile de fonctionner ou d’apprendre de nouvelles choses, sans parler de la détresse que cela peut causer à long terme. Or, les études montrent que les enfants autistes ont plus de problèmes gastro-intestinaux que les autres. En effet, la composition de leur microbiote intestinal semble présenter certaines différences pouvant entraîner des inconforts, des intolérances alimentaires et/ou des carences par malabsorption des nutriments (ou à cause des rigidités alimentaires). Si en principe l’autisme ne se « guérit » pas, des études montrent que des améliorations du comportement et des apprentissages sont observées grâce à certaines diètes alimentaires, notamment en mangeant plus d’aliments naturels, en prenant des suppléments pour lutter contre les carences et en adoptant une diète adaptée à leur profil (avec comme base le retrait du gluten et de la caséine, protéines difficiles à digérer). En effet, chaque enfant a des besoins uniques et il est donc préférable se faire accompagner au départ par un professionnel en naturopathie pour obtenir des résultats positifs sur le bien-être global de l’enfant. De plus, adopter une approche holistique permet d’aider les enfants à mieux dormir, ce qui est primordial pour leur développement.

2. Lui donner une routine saine et stable

Nos habitudes de vie ont un fort impact sur notre bien-être, et cela est encore une fois valable pour nous aussi: que nous ayons mal dormi, sauté notre petit déjeuner ou pas bougé assez, nous en ressentons immédiatement les effets. Les enfants sont encore plus sensibles à la régularité et aux types d’activités qu’ils entreprennent. Alors, vous pouvez mettre en place une routine afin de fixer des habitudes saines pour son développement. Veillez à ce qu’il fasse de l’exercice physique pour soutenir son organisme et lui permettre de se défouler, offrez-lui des moments de détentes avec des livres et des exercices de yoga ou de relaxation, évitez au maximum les stimulations et pollutions visuelles, sonores et chimiques afin de ne pas surcharger son organisme… Et enfin, programmez chaque jour un moment réservé aux activités stimulantes et créatrices pour éveiller sa curiosité et son désir d’apprendre.

3. Cerner ses difficultés et en comprendre la cause

Tous les enfants sont différents, et les enfants autistes ont d’autant plus leur personnalité bien à eux. Il est donc important de les observer dans différents contextes afin de mieux comprendre comment ils fonctionnent. Ainsi, vous pourrez agir sur ce qui entrave leur fonctionnement au quotidien. Écrivez dans chaque sphère ses forces et ses difficultés, et cherchez à en identifier la cause en utilisant les questions « quand, quoi et pourquoi » (très utiles pour comprendre les troubles de comportement). Par exemple, s’il a de la difficulté à répondre à une question, demandez-vous si cela empire dans certaines situations (bruit, fatigue, etc.), comment il s’y prend (geste, mot ou phrase) et pourquoi il peine à le faire (ex: la question est trop compliquée ou trop large). De cette manière, vous pourrez adapter vos façons d’intervenir à ses besoins et cibler des aspects prioritaires à travailler, en visant ceux qui affectent sa qualité de vie.

4. Repérer ses forces et ses intérêts

Les enfants autistes ont aussi leurs forces, par exemple au niveau visuel, créatif, social, langagier, etc. Les repérer pour s’en servir de levier vous permettra de faciliter ses apprentissages en allant chercher sa motivation. Pour amener un enfant autiste à collaborer, il faut parler son langage, s’intéresser à lui. Par exemple, si un enfant aime les voitures, on s’en servira pour qu’il fasse des demandes pour l’avoir. On pourra ensuite lui montrer comment jouer de manière plus symbolique et créative en introduisant des personnages dans ses voitures, en lui montrant comment dessiner des voitures, etc. Cela permettra  d’élargir progressivement ses intérêts de jeu pour qu’il puisse s’en servir pour apprendre et s’épanouir.

5. Structurer son environnement

Vous le savez certainement, les personnes autistes aiment en général ce qui est prévisible, clair et imagé. Alors, vous pouvez faciliter son quotidien à l’aide d’outils visuels à la manière TEACCH. Les routines de la semaine et de la journée peuvent être indiquées à l’aide d’un calendrier et d’un horaire (attention à le prévenir en cas d’imprévu), les étapes des tâches difficiles (habillement, toilette, brossage des dents, etc.) décortiqués en images. L’environnement où il vit doit être épuré pour qu’il maintienne son attention sur ses activités quotidiennes, ses jouets rangés par catégorie pour qu’il puisse les retrouver facilement. En effet, il est important pour un enfant qui a des difficultés de planification et d’exécution de comprendre son environnement ainsi que la temporalité des évènements. Dans sa chambre, on peut séparer l’espace en un coin jeu, un coin détente et un coin activité manuelle si l’on dispose de beaucoup de place, par exemple. Aussi, pour un enfant qui a des difficultés cognitives, chaque activité doit se faire toujours au même endroit pour ne pas créer de confusion et afin que les apprentissages se maintiennent (s’habiller dans la chambre, manger dans la cuisine, jouer dans sa chambre, lire une histoire dans le salon, etc.). La régularité et l’organisation à la maison sont donc très importantes.

6. Apprendre à le stimuler au quotidien

Comme nous l’avons déjà mentionné, les enfants autistes fonctionnent et apprennent différemment. Je vous encourage donc à vous former à certaines méthodes de jeu favorisant le plaisir et les apprentissages des enfants. Ainsi, vous gagnerez du temps et de l’argent en devenant autonome en ce qui concerne la stimulation de votre enfant. Après tous, les parents sont les principaux éducateurs et modèles de leurs enfants, alors pourquoi pas mettre toutes les chances de votre côté en utilisant chaque moment de la vie quotidienne comme occasion d’apprentissage? Par exemple, encouragez-le à faire des demandes (adaptées à son niveau) dès qu’il est motivé à avoir quelque chose. Poussez-le à faire de nouvelles acquisitions au niveau de son autonomie en rendant la tâche amusante, puis récompensez-le avec des jeux qu’il aime, des câlins et des félicitations. Faites des demandes claires et simples, assurez-vous qu’il vous comprend toujours et que l’objectif demandé est atteignable. Instaurez une courte période de jeu chaque jour dans lequel vous entrez en interaction et vous lui montrez de nouvelles façons de jouer. Intéressez-vous à ce qu’il fait, poussez-le à aller plus loin. Encouragez-le à vous imiter ainsi que ses frères et sœurs.

7. Veiller à ce qu’il ait une bonne socialisation

Vivre dans un environnement trop restreint n’aidera pas votre enfant à évoluer; il aura plutôt besoin de plusieurs modèles à imiter, qui seront une ressource précieuse pour lui. Amenez-le alors vers des lieux de socialisation comme la garderie, le parc, ou mettez-le en contact avec des enfants de votre entourage. Veillez à ce qu’il ait chaque jour des petits moments privilégiés avec chaque membre de la famille. S’il est intégré en garderie, faite les démarches pour qu’il soit accompagné par quelqu’un afin de stimuler ses habiletés sociales et communiquez avec les personnes qui le prennent en charge afin d’harmoniser vos pratiques.

8. Aller chercher de l’aide

Veillez à recevoir l’aide dont vous avez besoin de la part de votre conjoint(e), de votre famille et de professionnels. Nous savons que le diagnostic vient avec de lourdes responsabilités et il donc important d’être entouré(e) et d’avoir quelques moments de répit. N’hésitez pas à solliciter vos proches pour garder votre enfant quelques heures par semaine, cela lui sera profitable de rencontrer des personnes différentes et d’explorer divers interactions. Renseignez-vous sur les services de répit, de gardiennage spécialisé, d’activités pour enfants à défis ou de services privés et restez informé(e) sur les prestations et services publics auxquels vous avez droit (faites-vous aider dans cette recherche si nécessaire). Si vous recevez déjà des services, veillez à ce que les objectifs soient adaptés à ses réels besoins et à ce qu’ils favorisent son bien-être.

9. Harmoniser les pratiques autour de lui

Si plusieurs proches et professionnels gravitent autour de lui, veillez à maintenir une communication entre vous. Sinon, cela pourrait entraver l’efficacité des interventions. Assurez-vous donc d’intervenir de la même façon d’une personne à l’autre pour qu’il fasse des progrès dans plusieurs contextes. Par exemple, la façon de gérer certains types de crise peut influencer l’issue de celle-ci. Notamment, s’il s’agit d’opposition, il ne faut pas qu’un des deux parents cède alors que l’autre maintient la consigne, ou l’enfant aura tendance à  privilégier ses communications auprès d’un seul parent.

10. Prendre soin de vous

Si en tant que parent vous décidez de vous engager dans ces étapes, il faut bien entendu que vous ayez assez d’endurance et de vitalité pour le faire. Cela veut dire que vous devrez prendre soin de votre santé physique et mentale. Cela prend aussi l’humilité et le recul nécessaire sur votre vie pour être prêt à engager des changements, vous devrez alors acceptez vos faiblesses et vos erreur, vous armer de patience et accepter votre enfant tel qu’il est en respectant son stade de développement. Vous devrez vous aimer et vous préserver assez pour pouvoir lui donner tout l’amour dont il a besoin. Prenez du temps pour vous, faites du yoga, du sport, des activités créatives. Prenez soin de votre relation de couple et/ou de vos  relations amicales et familiales. Montrez à votre enfant le bon exemple en communiquant vos émotions et en s’adressant à lui avec bienveillance. Pour finir, donnez-vous des objectifs graduels pour franchir ces étapes et n’oubliez pas de vous féliciter pour chaque petite graine que vous sèmerez, car celle-ci aura le potentiel de faire éclore l’avenir de votre enfant.

Monalisa Didier, éducatrice spécialisée

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